08.12.2008

Clara int he fog l nouvelle 1er épisode

Il  y des soirs ou l’on n'est plus que son propre fantôme. On se met à la fenêtre et l’on ne voit plus rien. Plus rien que sa vie mais du mauvais côté. Du côté ou l’on  ne peut plus voir personne. Du côté du repli.

C’était un dimanche soir de printemps. Un printemps de pluie, de grisaille et cette morne journée avait fini par atteindre mon moral  je sentais la dépression m’envahir .Le blues virait à l’angoisse et  la bouteille de Whisky  flirtait dangereusement avec le cannabis. Je regardais  la bouteille sur la table avec un sourire rempli de dépit. Je   vidai mon verre d’un trait. -Tais – toi ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille !

Mon  cerveau baignait enfin dans une douce brume. La sonnerie du  téléphone retentit. Je laissai partir l’appel sur la messagerie. Clara pouvait attendre à son tour. J’avais  vécu trois ans et demi avec elle et puis un jour, elle avait disparu pendant plusieurs mois sans donner de nouvelles. Elle avait fini par m’appeler pour me dire qu’elle était partie vivre à Amsterdam avec un metteur en scène hollandais. Un coup de foudre m’avait-elle dit. Elle n’avait pas donné de nouvelles de suite - -Pas envie de m’expliquer. Je n’avais pas compris que mon  amour était parti. Quelques jours avant, elle parlait de faire un enfant.  A trente ans passés, cette idée me remplissait de joie.

 

Depuis le départ de Clara, j’avais dérivé.  Employé dans une succursale de Société d’Assurances à Lille  j’avais un peu plus usé de la fumette .  Je la conjuguais avec un vieil ami, le whisky, histoire de bien potentialiser. Clara était la femme de ma vie.  Jolie, brune un peu vagabonde . Elle avait fait des études littéraires  qu'elle avait abandonnées sans remord. Elle était bohème ! disait-elle.

Et puis elle était  revenue, il y a une semaine, la bouche en cœur. Je  n’en croyais pas ses yeux. Elle a   débarqué à 9 heures du mat, dimanche dernier, le sourire aux lèvres

Moi qui m’étais couché tard après une soirée arrosée dans un pub du  centre ville, j’avais  eu quelques difficultés à sortir de mon lit. J’avais ouvert la porte et écarquillé les yeux tant que faire se peut, lorsqu’elle rentra dans l’appartement,  persuadée   qu’elle était en terrain conquis.
Complètement  perdu, je m’étais  réfugié dans la cuisine pour faire le  café.

 Elle dans le séjour, avait mis un CD de The Air.

- Ca me manquait ! dit-elle - S’il n’y avait que ça, je pouvais t’en faire une copie ! - Non, ici ça me manquait ! - Dois-je penser que je fais partie du ça ! - Idiot ! dit-elle en s’approchant avec un sourire charmeur. Elle le saisit par le  bord de son tee-shirt.  Je la  laissais  faire, et tout en la regardant droit dans les yeux , je lui dis :

 

-    Toi aussi tu me manquais !

Clara s'était approchée,   tentant de se serrer contre moi  . Je la repoussai violemment

- Tu  fais chier ! Tu te barres sans un mot sans donner le moindre explication et tu reviens un beau matin comme si il ne s’était rien passé.- Tu peux me dire ce que tu as fait pendant une année ?

Clara avait été surprise par la violence de ma réaction. -        Ecoute Clara, ça n’est pas possible. Il faut  qu’on se quitte définitivement. Il faut vraiment que tu t’en ailles, ça fait trois fois que tu te tires avec un mec.  Je n'en  veux plus de cette vie. Je ne veux pas me demander si tu vas être encore là  lorsque je rentre du boulot parce que tu auras rencontré l’homme de ta vie pour la quatrième fois ! – J’en ai marre, je ne sais pas si tu peux comprendre mais la dernière fois , tu es revenue  de la même manière et voilà où nous en sommes aujourd’hui. 

 

 

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